Un événement à partager, une question.

 

  • 01/03/2012
    Labs and co : vers une innovation ouverte, collaborative et sociale (2/2)

    Nous poursuivons notre plongée au cœur des Fab Labs avec une rencontre… Comment mieux appréhender un Fab Lab qu’en discutant avec le fondateur d’un tel lieu ? Et, justement, il existe le Fab Lab Lille, récemment ouvert à Villeneuve d’Ascq. Son fondateur, Charles-Albert de Medeiros, nous a ouvert les portes de ce lieu de fabrication et de partage et répondu à toutes nos questions. Le Fab Lab Lille avait également animé un espace sur les Fab Labs, aux côtés du m.e.u.h|lab, lors de l’inauguration de l’Imaginarium ! Merci !

    Depuis combien de temps existe le Fab Lab Lille ? 

    Le Fab Lab Lille a quelques mois d’existence puisqu’il a été ouvert en octobre 2011.

    Quelles machines trouve-t-on actuellement dans votre « atelier » ? 

    Nous avons une graveuse laser, la machine qui intéresse le plus de monde car elle permet de produire des choses rapidement et avec une grande variété de matériaux : bois, plastique, cuir, textile…

    Ensuite, nous avons une imprimante 3D qui permet de créer des objets en plastique, en volume. Elle offre la possibilité de fabriquer des objets complexes qui peuvent être gros, larges… et même avec des parties incluses. Par exemple, j’ai fabriqué des sifflets avec une bille incluse dans l’objet et qui se détache après la fabrication. 

    Ces deux machines sont complémentaires puisqu’elles ne permettent pas de fabriquer exactement les mêmes choses. L’imprimante laser est, par exemple, limitée à créer des choses planes ou à la gravure d’objets. 

    Il y a également un poste d’électronique pour développer des circuits; il est possible d’utiliser Arduino, plateforme de prototypage rapide pour l’électronique. L’équipement autour de ce poste est un équipement assez classique avec oscilloscope, multimètre, matériel de soudure… ainsi que toutes sortes de consommables qui permettent de trouver tout le nécessaire sur place et de gagner du temps.

    Vous pouvez aussi trouver un atelier classique composé de machines comme une perceuse à colonne, une scie à chantourner, de nombreux outils électroportatifs… Avec cet atelier, on peut assembler, scier, percer, coller… Il vient compléter les autres machines car on ne peut pas tout faire avec des machines à commande numérique. Il est toujours nécessaire de rectifier certaines choses.

    Cet ensemble sera bientôt complété par une fraiseuse à commande numérique, qui étendra encore les possibilités du Fab Lab, en permettant notamment de travailler le métal. Un plotter de découpe est également prévu pour plus tard. Cette machine permet de créer des stickers en différents matériaux pour de la décoration intérieure/extérieure, d’objets ou de textiles. 

    Qui utilise le Fab Lab depuis son ouverture ? 

    Le profil des personnes fréquentant le Fab Lab Lille est assez varié. De nombreux designers utilisent les machines du Fab Lab pour du prototypage; des designers issus d’entreprises environnantes comme Oxelo, mais aussi des designers roubaisiens ou lillois. Le lieu est également fréquenté par des passionnés. Le profil type de ces passionnés est celui de l’ingénieur informatique qui réalise des projets à base d’Arduino… Des personnes issues du monde associatif sont également venus au Fab Lab pour réaliser des supports pour des expositions par exemple. Plusieurs artistes sont également des assidus du lieu pour fabriquer leurs oeuvres ou expérimenter de nouvelles créations. 

    Quels sont les exemples d’objets réalisés au Fab Lab Lille ? Les utilisateurs laissent-ils une trace ? 

    Il y a eu pas mal de réalisations. Par exemple des pochoirs, des jouets pour enfant de type spirographes découpés au laser, des emporte-pièces en forme d’animaux imprimés en 3D, des photos d’enfants gravées sur verre synthétique, des pièces anti-dérapantes pour trotinette,des pièces géométriques pour un projet pédagogique, une enseigne pour un artisan, une boîte sur mesure pour un projet électronique…

    Mais, pour les personnes qui viennent pour des raisons professionnelles, se pose la question du secret. Dans ce cas, aucune trace de leurs réalisations n’est conservée. Les travaux personnels ou très spécifiques ne sont pas non plus conservés car il y a peu d’intérêt à partager ce genre de choses.

    Il n’y a pas, pour le moment, de traces ou de projets que des utilisateurs auraient laissé.

    L’idée de conserver une trace propre aux Fab Labs concerne davantage la « bidouille », l’amélioration ou le développement de machines. 

    Quelle a été la démarche dans la création de ce Fab Lab ? Dans quel état d’esprit ? 

    Je suis moi-même quelqu’un d’assez bricoleur, qui aime utiliser la technologie pour créer des choses. Le bricolage high-tech m’attire. C’est donc parce que j’avais besoin d’un tel lieu et que j’ai rencontré d’autres personnes dans le même cas que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser. J’ai visité d’autres Fab Labs, notamment aux Pays-Bas où ils sont très avancés. J’ai ensuite créé ma structure sous forme entrepreneuriale. 

    Quel est donc le modèle économique du Fab Lab Lille ? 

    Il y a une partie gratuite. Tous les mardis après-midi, n’importe qui peut venir pour utiliser les machines gratuitement. J’accompagne les personnes pour les rendre autonomes sur les machines. Pour cette partie gratuite, il y a la contre-partie de remettre la documentation des projets réalisés.

    Si les utilisateurs payent pour l’utilisation des machines, il n’y a par contre aucune obligation de partage. Les consommables sont toujours payants. Je propose également des prestations d’assistance et de conseil. Enfin, des formations plus pointues sur l’utilisation des machines ou sur Arduino sont prévues.

    Ce lieu favorise-t-il les rencontres, la co-création, l’innovation ? 

    Le Fab Lab Lille a déjà favorisé quelques rencontres entre des personnes qui le fréquentaient  au même moment, notamment entre des professionnels et des artistes. Mais pour l’instant le Fab Lab n’est pas assez fréquenté car il manque encore de notoriété. 

    La co-création trouve tout à fait sa place dans le Fab Lab. Seulement, cela ne s’est pas encore produit ici car peu de monde est au courant du concept. Mais à terme, c’est très intéressant à développer. 

    Le mot de la fin ?

    Pour résumer, un Fab Lab  est à la fois un lieu où sont mises à disposition des machines et les connaissances pour les utiliser. Donc c’est un lieu de fabrication et de partage de connaissances.

     

     

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