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  • 28/02/2012
    Labs and co : vers une innovation ouverte, collaborative et sociale (1/2)

    Quelque soit leur nom, (LivingLab, Fab Lab, Hackerspace, Techshop, MediaLab, Electrolab …) nombreuses sont les récentes émergences de ces lieux d’un genre nouveau. Si des différences notables existent, un point commun principal réunit ces « ateliers » : l’innovation ouverte et sociale. Pour mieux appréhender cette nouvelle manière de concevoir, nous vous proposons de plonger au cœur des Fab Labs.

    Vous avez dit Fab Lab ?

    Un Fab Lab (abréviation de Fabrication Laboratory) est une plateforme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non (selon la définition élaborée par la Fing). On y utilise logiciels libres et nouvelles technologies. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO (Conception et Fabrication Assistée par Ordinateur), en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle.

    Un Fab Lab « type » regroupe un ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel, mais standards et peu coûteuses : une machine à découpe laser capable de produire des structures en 2D et 3D, une machine à sérigraphie qui fabrique des antennes et des circuits flexibles, une fraiseuse à haute résolution pour fabriquer des circuits imprimés et des moules, une autre plus importante pour créer des pièces volumineuses… On y trouve également des composants électroniques standards, ainsi que des outils de programmation associés à des microcontrôleurs ouverts, peu coûteux et performants. L’ensemble de ces dispositifs est contrôlé à l’aide de logiciels communs de conception et fabrication assistés par ordinateur.
    D’autres équipements plus avancés, tels que des imprimantes 3D, peuvent également équiper certains Fab Labs. La RepRap est d’ailleurs devenue un symbole fort du Fab Lab, de son côté ouvert, libre et « do it yourself ». Et l’impression 3D se démocratise rapidement avec des équipements de plus en plus accessibles à tous. 2012 pourrait d’ailleurs être l’année qui verra l’impression 3D devenir mainstream ! A ce sujet, vous pouvez consulter l’excellent article du blog The CreatorsProjetc ou l’article d’InternetActu.

    Les Fab Labs reposent souvent sur l’open source et s’opposent au copyright. Ainsi à Paris, le  Tmp/lab s’emploie à essaimer ses recherches et présente en open source l’avancement de ses projets.

    Les différents Fab Labs combinent tous, de manières différentes, cinq fonctions correspondant à cinq publics : la simple découverte du pouvoir de faire, de fabriquer, qui s’adresse aux enfants ou aux bricoleurs ; l’éducation par l’action, qui s’adresse aux écoles et universités ; le prototypage rapide, qui s’adresse aux entrepreneurs et créateurs ; la production locale, qui répond notamment aux besoins de pays en développement, mais aussi à ceux d’artistes, designers ou bricoleurs qui ne cherchent pas la grande série ; et l’innovation, l’invention des objets, des espaces, des formes de demain.

    Les Fab Labs conduisent à la démocratisation de la production et à sa relocalisation par le biais des outils numériques.

    Des lieux et des projets

    Les Fab Labs fonctionnent en réseau et représentent à certains égards des « fabriques de communautés ».

    Ils sont en effet indépendants, mais connectés. Il est, par exemple, possible d’observer ce qu’il se passe dans un Fab Lab à l’autre bout de la planète depuis son Fab Lab local grâce à des écrans interposés. Des réunions réunissent en outre régulièrement, non seulement leurs dirigeants, mais également leurs utilisateurs. Et des conférences annuelles leur permettent de rencontrer les autres Fab Labs du monde entier (comme FAB7, la 7e conférence internationale des Fab Labs qui a eu lieu en août dernier à Lima, Pérou). Ils partagent aussi certaines compétences et ressources humaines.

    Plus concrètement, divers projets voient le jour dans les Fab Labs. Ces  « mini-usines » modifient les modes de production en la relocalisant à un niveau local, en répondant à des besoins et en prenant le contrepied de la production de masse. Ils sont également étroitement liés à la formation et à l’apprentissage. Un particulier peut être désireux d’imprimer des photos sur des matériaux particuliers ou de personnaliser un objet. Des designers peuvent créer des prototypes rapidement et facilement. Et, des projets de production et de création d’envergure plus importante peuvent se développer et même parfois donner naissance à des entreprises. Au Fab Lab de la Waag Society à Amsterdam, une prothèse de genou pour un coût de 50 dollars a, par exemple, été mise au point. Autre exemple, trois étudiants en informatique et robotique ont développé un projet de robot pour aider l’agriculture durable. Ils ont élaboré leur première maquette grâce à Artilect, le Fab Lab toulousain. Pour avoir une idée plus détaillée d’autres projets qui ont émergé de Fab Labs, il est possible de consulter le Fab YearBook 2011.

    Entre initiatives de communautés de bidouilleurs, volontés universitaires, publiques ou démarches de groupes industriel, les  Fab Labs recouvrent plusieurs réalités. Microsoft France, en partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) – Les Ateliers, a, par exemple, pour ambition de libérer la créativité des étudiants et de mettre en avant la création industrielle à travers l’utilisation de la technologie Kinect dans le cadre du Fab Lab de l’ENSCI-Les Ateliers. Dans ce cas, l’accès au Fab Lab demeure néanmoins réservé aux étudiants. Plusieurs autres initiatives industrielles se développent : cet été, Orange a montré les premiers résultats de Thinging, un Fab Lab expérimental autour de l’internet des objets. Le groupe Adeo, propriétaire de Leroy-Merlin, s’y intéresse de près également. Autre exemple, l’Université de Cergy-Pontoise vient d’ouvrir son « Fac Lab« , un lieu ouvert à tous, lieu d’expérimentation mais aussi de formation.

    Cette tendance au « do it yourself » et à l’open source donne également naissance à des projets dans d’autres sphères plus éloignées des technologies. Comment, par exemple, mieux expliquer le concept de l’open source qu’avec une analogie avec la cuisine ? C’est le concept d’Instructables Restaurant, restaurant open source. Ce restaurant permet à ses clients de retrouver sur internet toutes les recettes des plats et boissons savourés. Il fournit aussi les codes sources de tout ce que le lieu contient (vaisselle, éclairage, décoration…), non pas pour acheter en ligne les meubles ou la décoration, mais bien pour les construire soi-même à partir des éléments de base.

    Pourquoi des espaces ouverts ?

    Dans le secteur de l’économie numérique, certaines start-ups, TPE-PME, obéissent à de nouvelles règles stratégiques, elles privilégient l’ouverture et l’interopérabilité, la co-création, le travail sur l’expérience utilisateur. Elles privilégient la vitesse au brevet, la valeur d’usage au modèle économique.

    Pour un cluster, disposer de lieux tels qu’un espace de co-working ou un Fab Lab permet de s’ouvrir davantage sur des environnements extérieurs et d’éviter un trop grand repli sectoriel. Ces lieux font également figure d’incubateurs du futur et offrent des environnements de travail collaboratifs à tous les acteurs du secteur du numérique !

    Avec l’ouverture de l’Imaginarium, le 16 février, la Plaine Images ambitionne de développer ces tiers-lieux : des lieux passerelles coopératifs pour travailler, entreprendre autrement, se former et échanger.

    Pour innover, les entreprises ont en effet besoin de plates-formes, de lieux de benchmarking, de lieux de rencontre et d’échange avec les labos, les publics, les créatifs et les technologies.

    Le co-working space de l’Imaginarium vous est ouvert tous les jours de la semaine ! Prochainement nous vous proposerons plusieurs RDV et des ateliers ;) Keep in touch !

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