Un événement à partager, une question.

 

  • 28/05/2013
    ça s’est passé chez nous: 1ère rencontre de l’édition numérique

    Le 23 mai s’est tenu à la Plaine Images la 1ère rencontre de l’édition numérique. Au programme de la journée, des tables rondes et des débats sur des sujets aussi riches que les techniques de création numérique, les innovations éditoriales ou les nouveaux modèles économiques de l’édition numérique.

    Cette rencontre a été organisée par le CR2L, l’association des éditeurs et la Plaine Images. Pour parler de ces sujets, cette journée a bénéficié de la présence d’intervenants comme Alain Giffard, directeur du groupement d’intérêt scientifique « culture & médias numériques. », Marie Seygnerole, fondatrice de la société Encre Nomade, Stéphane Michalon, directeur d’Epagine, Arnaud Lecompte, responsable du numérique chez Nord Compo, Nicolas Tilly, créateur d’EcritureVideoludique ou Olivier Walbecq, fondateur de LibFly, portail communautaire pour les passionnés de livres. Dans l’audience, beaucoup d’éditeurs « traditionnels » papier sont venus s’interroger sur cette question de l’édition numérique.

    En France, le livre numérique n’a pas encore bouleversé les habitudes de consommation des français mais de plus en plus d’équipement nécessaire à la lecture numérique sont achetés chaque année. On estime la vente de liseuses à 500.000 exemplaires contre 6 millions de tablettes cette année. Ce qui montre que l’usager cherche aussi plus qu’un simple support de lecture. Face à cette profusion de support, l’édition numérique souffre aussi d’une guerre de format. Comme le rappelle Vincent Drouot, formateur en infographie et développement web : « Après la guerre entre DVD+, DVD-, CD-Rom,… nous sommes face à une nouvelle guerre des formats pour le livre numérique. Pourtant, le format Epub a été adopté comme norme du livre numérique. » Mais les grands groupes, comme Google ou Apple, auront à cœur d’essayer d’imposer leurs choix quant aux livres numériques.

     

    Mais des initiatives sont prises entre le développement de livres homothétiques ou de livres enrichis. Et il faut accompagner cette évolution des usages. « L’édition numérique est à la portée de chaque éditeur, à sa dimension » nous dit d’ailleurs Candice Gras, directrice artistique des Editions Invenit. Parmi les éditeurs, on remarque que beaucoup d’entre eux sont amenés à travailler de concert avec les développeurs, avec un besoin de compréhension mutuelle de part et d’autre. Mais bientôt, une rencontre de compétences devra sans doute se faire avec des ingénieurs du son, ou de la vidéo pour les livres enrichis.

    D’autres innovations et expérimentation ont été évoquées, comme l’idée de connecter les livres numériques pour adolescent aux réseaux sociaux pour les amener à partager leurs expériences de lecture, ou encore créer des œuvres dédiées à une lecture immersive.

    D’ailleurs, comme le dit Célia Houdart, initiatrice du projet Fréquence : « Le taux de mémorisation avec la lecture immersive est de 31% plus importante par rapport à une lecture classique ». Ce qui montre que cette question de l’édition numérique ouvre la voie à de nombreuses possibilités qui restent à explorer et expérimenter. Et la Plaine Images tient à accompagner ces discussions autour de ces questions et de l’exploration de ces possibilités.

    Le développement de l’édition numérique crée aussi un glissement paradigmatique quant aux questions juridiques. Comme nous l’a expliqué Valérie Barthez, juriste spécialisée en propriété littéraire et artistique, le problème a été de ne pas pouvoir utiliser les lois sur le droit d’auteur existantes pour les œuvres numériques. Mais un accord négocié pour fin 2013 devrait palier à bon nombre de zones d’ombre sur le droit d’auteur et l’édition numérique. L’audience a été particulièrement attentive sur cette question du droit d’auteur.

    De pair avec cette dimension juridique, le modèle économique associé à l’édition numérique a aussi été longtemps débattue durant cette journée. Simon Kansara, créateur de MediaEntity, ont présenté leur approche de l’édition numérique en s’appuyant sur la publication digitale pour fédérer une communauté et augmenter les ventes de la version papier. L’histoire commence avec l’édition numérique et le dénouement se trouve dans l’édition papier. D’autres initiatives de transmedialité ont aussi été évoquées.

    Pour le moment, les ventes de fichiers numériques ne représentent que 3% des ventes en général. Et pour reprendre les propos de Nathalie De Meulemeester : « La vente d’édition numérique, c’est du plus ! » En fait, le modèle économique qui entoure l’édition numérique semble fondamentalement lié à l’édition papier. Mais les intervenants s’accordaient pour dire que quand les contenus seront vraiment pertinents pour le support, les œuvres numériques seront viables en tant que telle. Le numérique et le papier doivent pour le moment travailler ensemble dans ce contexte économique et doivent s’entrainer mutuellement. Mais les expérimentations et l’interactivité de certains livres numériques peuvent permettre à l’édition numérique de s’établir en tant que secteur à part entière. Les modèles économiques de l’édition numérique doivent maintenant aussi prendre en compte la relation artiste/éditeur/développeur.

    Plus que l’usage, la consommation des œuvres numériques est révélatrice des évolutions en cours. Sur certaine plateforme, dont celle d’Epagine, le nombre de téléchargement d’œuvres numériques a presque doublé tous les ans depuis 3 ans.

    Et comme nous l’a expliqué Florence Rio, maitre de conférence en Sciences de l’Information et de la Communication à Lille3 : « pour le public jeune, le passage de la lecture d’écran au papier et inversement se fait de façon indifférente ». On peut donc légitimement supposer que cette évolution des usages n’en est qu’à ses débuts. Et ce développement de l’édition numérique et de ses usages a soulevé beaucoup de question et de réflexion dans l’audience.

     

    Les échanges se sont aussi déroulés sur les réseaux sociaux :

    Cette première rencontre de l’édition numérique a donc eu un franc succès auprès de tous les participants. Elle a permis de poser des questions, d’ouvrir des pistes de réflexion, d’apporter des débuts de réponses mais aussi d’échanger et de faire se rencontrer différents acteurs du monde de l’édition : éditeurs traditionnels, pure player de l’édition numérique, acteurs du multimédia,…

    Vous pouvez réécouter l’enregistrement des débats grâce à LibFly : http://www.libfly.com/rencontres-thematiques-billet-1839-621.html

     

     

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